L’acte d’apprendre en Enseignement Explicite Imprimer Envoyer
Le débat - Questions / Réponses
Écrit par Françoise Appy   
Mercredi, 19 Décembre 2012 17:35

L’acte d’apprendre en Enseignement Explicite

 

Café pédagogique

 

Un article du Café pédagogique propose un questionnaire relatif à la conception de l’acte d’apprendre. Par-delà la forme jargonnante adoptée par l’auteur [1], j’ai trouvé intéressant de répondre de manière ouverte aux questions du point de vue de l’Enseignement Explicite et ce dans le seul but d’informer celles et ceux qui sont intéressés par ce type d’enseignement.

 

1 – Pour vous, apprendre, cela signifie :

… emmagasiner en mémoire à long terme un certain nombre de compétences, savoirs et habiletés définis par les programmes. Savoir les utiliser de manière autonome. Apprendre relève de la responsabilité directe de l’enseignant comme l’a si souvent souligné Engelmann : «  Si l’élève n’a pas appris, alors le maître n’a pas enseigné ».

2 – Ce que sait déjà un élève au sujet d’un savoir à enseigner (ses représentations) :

… est essentiel, car on ne peut construire sur du vide. Il faut s’assurer de la maîtrise des connaissances pré-requises sur lesquelles seront abordées d’autres concepts ou habiletés.

3 – Pour permettre aux élèves d’apprendre, l’enseignant :

… met en place des leçons claires et explicites en partant de ce qui est connu et en graduant les difficultés. Il veillera à s’exprimer clairement, sans ambiguïté, évitera les redondances, choisira méticuleusement exemples et contre-exemples et surtout veillera à la bonne compréhension par les élèves. Il corrigera immédiatement les erreurs de manière raisonnée. Il pratiquera le renforcement positif avec abondance.

4 – Dans le cadre du travail didactique, interagir avec ses camarades :

… est utile à condition que cela intervienne au moment de la pratique, c’est-à-dire quand les élèves ont compris la notion et commencent à la pratiquer. La pratique du tutorat est également une interaction positive autant pour celui qui montre que pour celui qui en bénéficie.

5 – Un élément de savoir ou une compétence élémentaire :

… sont liés. Le savoir est d’ordre conceptuel, il s’accompagne d’habiletés procédurales. Le tout forme une compétence particulière. L’enseignant doit agir sur les deux : transmettre des savoirs et des habiletés en veillant à leur compréhension et à leur mise en mémoire à long terme.

6 – Savoirs et connaissances :

… sont au cœur des apprentissages. L’enseignant a pour mission, entre autres, de transmettre des savoirs afin qu’ils se transforment en connaissances chez les élèves, qui par la suite pourront les utiliser de manière autonome pour structurer leur pensée. Les savoirs et les habiletés sont une base indispensable à la construction d’une pensée autonome et critique. Sans cela on se contente d’inculquer ou de formater les esprits.

7 – Faire travailler activement des élèves :

… signifie que les élèves doivent être cognitivement sollicités, c’est indispensable pour un enseignement réussi. Mais attention à la dérive : ne pas confondre une classe agitée et une classe active ! Pour solliciter cognitivement les élèves, il existe des façons de faire dans lesquelles ils sont en situation de réflexion ; ils ont des tâches à accomplir à leur niveau, c’est-à-dire qu’ils sont capables cognitivement de réaliser.

8 – Lorsqu’un élève se retrouve en difficulté ou en échec, c’est :

… 9 fois sur 10, du fait que l’élève ne maîtrise pas les connaissances préalables nécessaires pour comprendre ce qui est enseigné. Ex : un élève ne maîtrisant pas la lecture sera incapable de résoudre un problème mathématique de manière autonome. Un élève n’ayant pas la notion de verbe ne pourra aborder celle de sujet du verbe. D’où l’importance de s’assurer de la bonne maîtrise des connaissances préalables avant  d’introduire une nouvelle notion.

9 – Pour remédier à la difficulté scolaire d’un élève :

… on identifie les lacunes et on reprend l’enseignement de ce qui fait défaut. On le fait pratiquer davantage et on veille à ce qu’il intègre en mémoire à long terme les connaissances et habiletés. Contrairement à une idée reçue, la compréhension doit être accompagnée d’une pratique intensive et d’une mémorisation. Il y a un consensus de la recherche sur le sujet.

10 – En classe, l’autorité et la discipline sont nécessaires pour :

… parler de ce qu’on appelle aujourd’hui, plus largement, la gestion de classe. C’est-à-dire de l’ensemble des conditions qui vont favoriser les apprentissages : comportement social, comportement vis-à-vis des apprentissages, règles de classe, autorité de l’enseignant etc. La gestion de classe est primordiale, elle doit précéder le travail sur la gestion des matières. En effet, si celle-ci est défaillante, les apprentissages, et ce quelle que soit la méthode pédagogique utilisée, ne pourront se mettre en place efficacement. On a pendant longtemps sous-estimé, à tort, la gestion de classe et des comportements. Sur la question, on pourra lire avec profit tout ce qui concerne le SCP (soutien au  comportement positif) ou les travaux de J.C.Richoz.

11 – Un élève apprend mieux lorsqu’il :

… comprend ce qui lui est expliqué, lorsqu’il pratique avec succès, lorsqu’il est encouragé et aidé. Lorsqu’il est dans un environnement propice, calme, en confiance. Lorsqu’il réalise qu’il est capable de réussir en étant actif, en faisant des efforts. Tout cela est possible si l’enseignant prend en compte le niveau de départ de l’élève, met tout en œuvre pour être compris par lui, et pratique le renforcement positif. L’élève apprend mieux lorsqu’il réalise qu’il en est capable en réussissant des tâches à sa portée. Cela ravive son estime de soi et le réconcilie éventuellement avec les apprentissages. L’élève apprend mieux lorsqu’il sait que l’enseignant a confiance en lui et lui donne les outils pour réussir. Par contre l’élève n’apprend pas et baisse les bras dès qu’il réaliser que la tâche donnée est pour lui impossible à accomplir (car il n’a pas les outils pour ce faire).

 

 


[1] . Sylvain Connac, La personnalisation des apprentissages, Esf - Café pédagogique, Paris 2012,.

 
 
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