Habiletés phonologiques et leur rôle dans l’apprentissage de la lecture : une revue de méta-analyse Imprimer Envoyer
En pratique - La lecture
Écrit par Françoise Appy   
Samedi, 14 Avril 2012 17:33

Résumé

Habiletés phonologiques et leur rôle dans l’apprentissage de la lecture : une revue de méta-analyse

Melby-Lervåg, M., Lyster, S-A H., & Hulme, C.

“Phonological skills and their role in learning to read: A meta-analytic review”, Psychological Bulletin, Vol. 138(2), pp 322-352
(03.2012)

Habileté

Voici un article sorti dans Psychological Bulletin, écrit par Melby-Lervåg , Lyster, & Hulme ; il fait le point sur les habiletés phonologiques en lecture à partir d’un grand nombre de données. Les conclusions confirment ce que l’on sait déjà, à savoir l’importance des habiletés phonologiques pour la lecture, tout en apportant quelques compléments d’information.

Les lettres et les groupes de lettres correspondant à des sons spécifiques n’ont pas de sens en soi ; décoder signifie être capable de faire cette correspondance. Les enfants doivent savoir que les mots sont composés de sons. De nombreux débats ont porté sur la taille de l’unité phonique : le phonème, les rimes, les attaques. Les attaques font référence à la consonne précédant le son d’une voyelle ; la rime fait référence à une voyelle suivie d’une consonne. Ainsi dans le mot troc, l’attaque est [tr] et la rime [oc]. Les phonèmes sont des unités de son ne pouvant être subdivisées. Ainsi la rime [oc] est composées de deux phonèmes : [o] et [k]. Il est possible que cela aide les élèves de savoir que [oc] est constitué de deux sons, et d’autres chercheurs ont suggéré que les enfants devaient passer par la reconnaissance des phonèmes afin de mieux se préparer à la lecture. Par ailleurs, percevoir par exemple que la lettre p correspondant au son [p]  n’est pas une mince affaire parce que [p] est pratiquement impossible à prononcer tout seul. C’est juste une explosion d’air. Mais une autre chose est également importante, c’est de posséder une mémoire verbale à court terme, dans laquelle manipuler et considérer les éléments phoniques permettant l’apprentissage de la lecture.

Melby-Lervag et al. basent leur analyse sur 235 études et concluent que les recherches existantes suggèrent que les trois choses, conscience de rime, conscience des phonèmes et taille de la mémoire verbale à court terme, peuvent prédire la lecture des mots, mais l’effet le plus large est observé avec la conscience phonémique. (En fait, la valeur prédictive de la mémoire verbale à court terme est assez réduite).

La deuxième conclusion importante de cette revue concerne la causalité. Toutes les études utilisées  dans la méta-analyse, sont corrélationnelles. Ainsi, on peut en déduire que la conscience phonémique est liée aux habiletés de lecture des mots parce qu’elle est nécessaire à cette habileté. Cependant, une autre interprétation, tout aussi valable, serait que la lecture change la conscience phonémique : par conséquent, la compétence en lecture augmenterait la conscience phonémique.

Les chercheurs concluent que la conscience phonémique reste un excellent prédicteur des habiletés de lecture ; et la lecture pourrait ne pas être à l’origine de la conscience phonémique, car celle-ci été mesurée avant que les enfants ne sachent lire.

 
 
Une réalisation LSG Conseil.