Vidéo : Conversation with Zig Engelmann Imprimer Envoyer
Pédagogie Explicite - Direct Instruction
Écrit par Form@PEx   
Mercredi, 02 Juillet 2008 00:00

Conversation with Zig Engelmann

(07.2008)


Vidéo

Il s'agit d'un entretien entre Zig Engelmann et Geoff Colvin son ami et collègue. Geoff le questionne sur son parcours dans le monde éducatif et sa longue carrière (45 ans). Les réponses de Zig sont franches, parfois touchantes, parfois drôles mais toujours divertissantes. Cette conversation a été filmée lors de la Direct Instruction Conference à Eugene - Oregon de juillet 2008.

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Résumé de Françoise Appy

Cet entretien d’une quarantaine de minutes résume bien l’œuvre de Zig Engelmann et nous permet de mieux comprendre tout ce qu’il a apporté à la pédagogie en introduisant la notion d’efficacité et en appuyant ses méthodes sur de nombreuses expériences in situ. La validité de sa méthode, le Direct Instruction, fut portée au grand jour avec le projet Follow Through qui lui laissa tout de même un goût amer.

Zig Engelmann était au départ Directeur du marketing dans une agence publicitaire. On lui demanda un jour de réfléchir au nombre d’expositions à un spot télévisé que devrait subir un enfant pour retenir une information. C’est ainsi qu’il mit un doigt dans le monde éducatif et trouva sa voie. Il fit diverses expériences sur de jeunes enfants, les siens en particulier, leur enseignant la langue et les mathématiques et mettant au point peu à peu sa méthode. La première des choses qu’il a apprise à ce moment-là est que si les enfants n’apprenaient pas, la faute lui incombait, à lui. Ce qui restera tout au long de ces années un leitmotiv dans le Direct Instruction.

Il décide alors de quitter le monde de la publicité pour se consacrer à l’enseignement. Il démarche alors auprès de diverses écoles et centres de formation et d’études, une vingtaine, leur proposant de travailler pour eux et de mettre à leur disposition le fruit de ses recherches. Il avait fait des films de ses séquences pédagogiques. Après avoir essuyé de nombreux échecs, il s’adresse à un centre de recherche dépendant de l’université d’Illinois, Institute for research on exceptional children, très réputé. Le directeur James Gallagher accepte de l’employer comme chercheur associé.

Zig Engelmann explique ensuite que dans le Direct Instruction, tout ce que les enfants apprennent dans un contexte scolaire vient de l’enseignant, ils ne l’apprendraient pas s’ils n’étaient pas à l’école. Il fait donc partie de ces personnes qui considèrent l’école comme essentielle en particulier pour les enfants défavorisés. Il se démarque des principes dominants dans les années 60, de Piaget et explique qu’il a enseigné des éléments d’algèbre à des tout petits, au mépris des stades développementaux communément admis. Cela est possible, ajoute t-il, à condition de séquencer correctement et de présenter les choses de manière adéquate. Quand le journaliste lui demande de donner un exemple d’une activité menée avec des enfants de maternelle, dans laquelle il se démarque des principes de Piaget, il répond : « Anything » (n’importe laquelle). Selon lui, l’enseignement de Piaget est inutile et n’a pas d’implication dans l’enseignement. Il le qualifie de « Backwards, stupid and it’s not instruction » (arriéré, stupide, ce n’est pas de l’enseignement). Lorsque l’on enseigne, on ne doit pas à attendre le moment développemental supposé approprié. Si l’enfant n’a pas acquis les choses qu’il est supposé connaître à son stade développemental, on doit simplement dire : « Voyons ce que tu ne sais pas et voyons comment tu vas pouvoir l’apprendre au mieux . » C’est tout l’état d’esprit d’Engelmann.

Son premier ouvrage, Give your child a superior mind, coécrit avec son épouse Thérèse en 1966, explique que le jeune enfant peut aussi apprendre de son environnement, à la maison en particulier avant l’âge scolaire. « Avant que votre enfant n’entre en GS, il peut apprendre les rudiments de la langue, apprendre l’alphabet, le nom des formes géométriques, apprendre à compter… ». Ce fut un grand succès.

L’une des grandes difficultés dans la mise en place effective du Direct Instruction a été la formation des enseignants, novices à cette façon de faire. La formation mêlait la théorie et la pratique avec de petits groupes d’enfants ; malgré tout, beaucoup n’y arrivaient pas. C’est de là qu’est née l’idée de faire des scripts. Ce qui a radicalement changé les choses. Il y a eu beaucoup de résistance par rapport aux scripts, au début. Elles ont été levées quand les enseignants se sont rendu compte de l’efficacité du procédé. C’est la seule raison. Engelmann affirme que les enseignants qui travaillent sans scripts parlent trop, que leurs instructions sont peu claires, leur phrases peu cohérentes. Un enseignement efficace doit avoir été au préalable réfléchi et tout ce qui doit être dit, mis par écrit. L’expérience lui a montré qu’il avait raison.

Un long moment de l’entretien est consacré au projet Follow Through qui a été déterminant pour le Direct Instruction. La participation à ce projet qui s’est faite de manière un peu fortuite a qu’on le veuille ou non eu un impact énorme pour Engelmann. Il donnait une conférence à New York et après celle-ci Dick Schneider, en charge de l’organisation du projet vient le voir pour lui parler de ce projet. Les deux hommes ne se connaissaient absolument pas auparavant et Dick Schneider n’avait jamais entendu parler du Direct Instruction Direct Instruction n’était pas prévu à l’origine sur la ligne de départ. Et pour cause, personne ne le connaissait. Bien sûr il accepta. avant cette conférence. Il lui demanda s’il voulait y participer. Les participants se réunissaient à Washington la semaine suivante. Ce fut un heureux concours de circonstances car le

Cela représenta 22 participants, 100 000 élèves impliqués de 1968 à 1977. Le Direct Instruction avait une grande diversité d’écoles, un très gros échantillon (diverses communautés, tous milieux sociaux). Zig Engelmann s’est personnellement occupé de la formation des formateurs. Beaucoup de temps fut passé sur les routes. Le résultat fut que le Direct Instruction battit toutes les méthodes pédagogiques sur tous les aspects mesurés (affectif, cognitif, éléments de base).

Quand on interroge Engelmann sur l’après Follow Through, avec beaucoup d’humour il résume la chose en un mot : « pain » (douleur). Au départ ce projet avait été décrit comme une course de chevaux destinée à comparer les modèles pédagogiques pour reconnaître lesquels portaient leurs fruits. Les résultats du Direct Instruction qui de loin surpassaient les autres modèles furent un sacré pavé dans la mare. Et pourtant la diffusion des résultats fut confidentielle. Engelmann interprète cela par la dominance de l’esprit pédagogique ambiant. Tout ce que l’on a pu dire s’est résumé à des remarques du type : « Mais le Direct Instruction n’a jamais prétendu développer l’estime de soi ! ». Or, l’estime de soi se développe par la réussite plutôt que par une méthode artificielle, et c’est pourquoi les élèves en Direct Instruction en bénéficient, car ils réussissent. Il y avait cette idée reçue que les modèles supposés cognitifs étaient supposés être meilleurs dans les résultats cognitifs. Un responsable a même avoué que puisqu’un seul modèle s’était révélé efficace, il serait difficile de diffuser le Direct Instruction. Engelmann dit que la raison à ce refus de diffuser le Direct Instruction était essentiellement basé sur le fait qu’il ne correspondait pas du tout aux standards dominants, au pédagogiquement correct.

Zig Engelmann s’est aussi intéressé aux enfants sourds afin de leur apprendre à parler correctement. Là aussi le Direct Instruction s’est révélé très porteur.

Zig Engelmann est actuellement à l’université d’Eugene - Oregon.

Le journaliste lui demande ce qui fait la réussite d’une implantation du Direct Instruction. A quoi il répond sans hésiter que le directeur de l’école est la clé essentielle, s’il a une forte volonté de changer les choses, et s’il bénéficie d’un soutien administratif. Il insiste ici sur l’importance de l’effet école : tout le monde doit être coordonné, enseigner la même chose de la même manière pour plus d’efficacité.

Pour conclure, on lui demande ce qu’il aimerait dire aux enseignants : « Ils ne seront jamais reconnus pour ce qu’ils font ». Et là il s’appuie de toute évidence sur sa longue expérience.

 
 
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