Compte rendu d’article : The Trouble With Homework Imprimer Envoyer
En pratique - Devoirs
Écrit par Françoise Appy   
Jeudi, 15 Septembre 2011 17:39

Compte rendu d’article

The Trouble With Homework

Le problème avec les devoirs à la maison

 

 

Ceci est le titre d’un article récemment paru dans le New York Times, écrit par Annie Murphy Paul,  journaliste spécialisée en sciences sociales et biologie.

Le débat sur la question des devoirs à la maison est toujours d’actualité : depuis des lustres, on se demande s’il y en a trop ou pas assez. Selon Annie Murphy Paul, la question est mal posée. On ne doit pas s’interroger sur la quantité mais sur la qualité. Autrement dit, dans quelles mesures le travail qui est demandé à la maison contribue-t-il à l’avancement des apprentissages ? Elle s’appuie sur les travaux des neuroscientifiques, des cognitivistes et des psychologues de l’éducation qui « ont fait une longue série de découvertes remarquables sur la façon dont le cerveau humain apprend ». Elle explique qu’ils ont identifié une nouvelle discipline, connue sous le nom de Mind, Brain, Education, consacrée à « la compréhension et à l’amélioration de la façon dont les enfants intègrent, retiennent et mettent en application les connaissances. » Ce nouveau questionnement n’a pas encore été appliqué aux devoirs à la maison. Les méthodes proposées sont néanmoins simples et faciles à mettre en œuvre et les exercices à faire à la maison permettraient d’améliorer de manière patente les résultats des élèves.

Elle illustre son propos d’exemples. Les répétitions différées, comme leur nom l’indique, vont exposer l’élève au même contenu par petites sessions et sur une période de temps plus longue. « Au lieu de concentrer l’étude sur des périodes déterminées, comme c’est souvent le cas, les élèves sont réexposés à ces thèmes tout au long du trimestre. »

Une autre technique appelée pratique de récupération suggère que les exercices faits à la maison ont pour but non d’évaluer ce que savent les élèves, mais de renforcer leurs connaissances.

« Nous concevons souvent la mémoire comme un lieu de stockage et les devoirs à la maison comme une jauge mesurant la quantité d’informations que nous y avons déposées. Mais ce n’est pas ainsi que fonctionne le cerveau. Chaque fois que nous récupérons une information, nous la rendons plus forte et plus pérenne, c’est pourquoi les exercices ne sont pas là seulement pour mesurer, mais pour provoquer un changement. Des tâches telles que lire ce qui doit être appris, prendre des notes ou élaborer des plans, qui sont le quotidien des devoirs à la maison, n’ont pas cet effet. »

Annie Murphy Paul évoque une expérience montrant que les élèves utilisant la pratique de récupération se souviennent de 80% des mots de vocabulaire  étudiés ; alors que seulement 1/3 de ceux ayant utilisé des méthodes conventionnelles y parviennent. Enfin, elle décrit une technique appelée imbrication mélangeant différentes sortes de situations problèmes à pratiquer, au lieu de les regrouper par types. «  Quand les élèves ne peuvent pas dire à l’avance quelle sorte de stratégie est nécessaire pour répondre à une question, leurs cerveaux doivent travailler plus dur pour trouver la solution et le résultat est que les élèves apprennent plus en profondeur », observe-t-elle. Chacun de ces concepts, conclut-elle, est une opportunité inexploitée pour améliorer la réussite de l’élève.

L’angle d’attaque de la question des devoirs est très pertinent. Ce faisant, elle décrit exactement les pratiques reconnues comme efficaces en matière d’apprentissage : répétitions différées, révisions, pratique de récupération. Ces techniques sont efficaces en classe, les prolonger à la maison ne peut qu’être bénéfique. Les enseignants utilisant des méthodes explicites d’enseignement donnent déjà ce genre de tâche. Mais encore faut-il que le travail demandé soit effectivement réalisé. Cela ne peut se faire qu’à la condition que les parents suivent le travail de leurs enfants et soient persuadés du bien-fondé d’une telle pratique. Mais là, c’est un autre débat.

 
 
Une réalisation LSG Conseil.