Naissance d’un nouveau modèle d’enseignement : la pédagogie explicite Imprimer Envoyer
Le débat - Antagonismes
Écrit par Bernard Wemague   
Vendredi, 04 Novembre 2011 13:55

Source : apprentissage-lecture.com

Dans l'article ci-dessous, Bernard Wemague reconnaît quelque mérite à nos travaux. Nous le remercions d'autant plus chaleureusement qu'il est l'un des rares à l'écrire sur Internet. Depuis 2006, nous avons reçu bien plus de coups que de félicitations ; qu'il nous soit donc permis d'apprécier ces quelques lignes qui font exception et qui nous ont touchés.

 

 

Naissance d’un nouveau modèle d’enseignement : la pédagogie explicite

 

Form@PEx

 

Le nouveau modèle de pédagogie explicite très rapidement évoqué ici a été découvert, tout récemment sur le site de l’ancien Institut National de Recherche Pédagogique (INRP) devenu Institut Français de l’Éducation (IFE), dans les échanges consécutifs à un article précisément sur la pédagogie explicite.

La pédagogie explicite est connue et se développe en France depuis seulement quelques années grâce à deux enseignants de l’Éducation nationale, Bernard Appy et Françoise Appy qui, en réaction contre la pédagogie socioconstructiviste, préconisent, selon leur propre expression, une « 3e voie » par rapport à l’enseignement traditionnel d’un côté et à l’enseignement académique dominé par le socioconstructivisme de l’autre.

Ils s’appuient non seulement sur leurs expériences d’enseignants ainsi que sur leurs recherches personnelles, mais encore sur les résultats des travaux scientifiques conduits dans le domaine depuis plusieurs décennies aux États-Unis, au Canada, en Australie et en Europe.

Leur site Formapex.com est une mine de ressources pédagogiques pour les enseignants et pour les chercheurs.

La nouveauté du modèle de pédagogie explicite réside dans les principes sous-jacents fondés sur les structures mentales mobilisées dans l’acte d’apprentissage.

Le courant de pédagogie explicite change radicalement la physionomie de l’enseignement.

Il présente la particularité spécifique d’être foncièrement efficace par comparaison avec l’enseignement traditionnel et l’enseignement académique, d’où la dénomination de « 3e voie ».

Dans leurs témoignages [...], les enseignants qui ont expérimenté le modèle pédagogique explicite le décrivent comme une « pédagogie du bon sens ». C’est parce qu’elle est une pédagogie adaptée par rapport aux schèmes de pensée chez les élèves, ce qui en garantit l’efficacité et, en conséquence, rend ses résultats prédictibles.

En somme, la pédagogie explicite est un enseignement qui correspond aux structures cognitives propres à l’apprentissage en éducation.

Ce qu’il est intéressant et important de souligner est que le modèle de pédagogie explicite émerge au sein même de l’Éducation nationale.

[...]

Cela posé, il faut signaler, pour être un tant soit peu complet, l’article “Effets des pratiques pédagogiques sur les apprentissages” dans Dossier d’activité Veille & Analyses (no 65, septembre 2011) d’Annie Feyfant, chargée d’études et de recherche au service Veille et Analyse de l’Institut Français de l’Éducation (IFÉ), qui soulève une interrogation sur la validité scientifique et pédagogique du modèle d’enseignement explicite en prenant appui sur des sources bibliographiques par trop sélectives. C’est ainsi que l’auteur a gardé le silence sur les résultats des travaux scientifiques de référence tels que ceux de Barak Rosenshine ou de Zig Engelmann aux États-Unis, de Clermont Gauthier ou de Steve Bissonnette au Canada, de John Sweller ou de Paul A. Kirschner en Australie, et indirectement de Stanislas Dehaene en France ainsi que d’André Giordan en Suisse (la pédagogie explicite découle du mode de fonctionnement des mécanismes cognitifs qui se dégagent des résultats des travaux de S. Dehaene et de A. Giordan).

La conférence de consensus sur l’enseignement de la lecture à l’école primaire les 4 et 5 décembre 2003, qui rassemble des experts scientifiques reconnus dans le domaine de la recherche sur l’enseignement de la lecture ainsi que des professionnels de la pédagogie, développe, parmi les grandes thématiques traitées, celle dont l’importance est tout à fait décisive et qui peut être formulée en substance : « Quels sont les processus cérébraux et cognitifs à l’œuvre dans l’apprentissage de la lecture ? ».

Stanislas Dehaene répond remarquablement à ce questionnement crucial et les résultats de ses travaux, actuellement consensuels dans la communauté scientifique, font autorité dans le champ de la recherche scientifique et pédagogique sur l’apprentissage de la lecture.

Grâce à l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) permettant de visualiser l’activité cérébrale pendant l’apprentissage de la lecture, il montre que le cerveau commence petit à petit par les éléments graphiques simples pour aller vers les éléments graphiques complexes, c’est-à-dire, en dernière analyse, du plus facile au plus difficile, ce qui paraît s’inscrire dans l’ordre des choses.

Toute réflexion menée sur l’apprentissage de la lecture et l’enseignement explicite ne saurait faire abstraction de ces recherches scientifiques sur le cerveau et la cognition qui sont à la base de la pédagogie explicite qui est une pédagogie intrinsèquement efficace, celle qui atteint au meilleur coût énergétique les objectifs fixés.

La pédagogie explicite doit ses fondements scientifiques et sa validation à la neuroscience et à la cogniscience, qui sont les sciences du cerveau et de la cognition respectivement.

Elle repose sur les principes de fonctionnement du cerveau et de la cognition pour l’apprentissage scolaire.

Le dossier intitulé « Pourquoi un enseignement peu guidé ne fonctionne pas : une analyse de l’échec de l’enseignement constructiviste, et autres pédagogies par découverte, par situations problèmes, par expériences et enquêtes », Paul A. Kirschner, John Sweller et Richard E. Clark » (cf. [...] le site Formapex), très documenté, présenté par John Sweller et ses collègues, traduit de l’anglais par Françoise Appy, constitue en soi une réfutation totale du dossier « Effets des pratiques pédagogiques sur les apprentissages ». Ce dossier n’aurait pas vu le jour si les résultats des travaux en particulier de John Sweller et de ses collègues avaient été pris en compte.

Les considérations précédentes tendent à montrer la profonde évolution de la pédagogie contemporaine à l’instar de la science et de la méthodologie de la recherche scientifique qui, elles aussi, ont subi une profonde transformation.

Parce que ses principes fondateurs correspondent aux propriétés structurelles et fonctionnelles du cerveau et de la pensée par rapport à la formation éducative, la pédagogie explicite repose sur des fondements scientifiques validés par l’optimalité des résultats scolaires et réciproquement.

Bernard Wemague
2 novembre 2011

 
 
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